Les mères-veilleuses : Défier les mythes de la maternité

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Le Centre périnatal Le Berceau innove en offrant le premier groupe de soutien aux mères pouvant souffrir de dépression postnatale dans la région : Les mères-veilleuses.

La dépression post-natale affecterait de 15% à 20% des nouvelles mères dans les années suivant une grossesse. «Comme n'importe quelle maladie mentale, ça peut être long pour une femme avant de réaliser qu'elle souffre d'une dépression postpartum, explique Mélodie Georget, animatrice du groupe Les mères-veilleuses.  On veut sensibiliser les femmes à ce problème pour le prévenir et agir plus rapidement.»

 


Plusieurs ont effectivement de la difficulté à parler de ce qu'elles vivent de négatif après une grossesse, puisque la maternité est socialement perçue comme un moment heureux.  «Quand une mère se heurte aux mythes de la maternité et que sa situation ne cadre pas, le choc peut être difficile», ajoute Mme Georget.

Marie-Claude Petit, animatrice intervenante du groupe Les mères-veilleuses, note que cette détresse peut affecter toutes les mères.  «Il n'y a pas un profil typique; ce peut être après le premier ou le troisième enfant et n'importe quelle mère de n'importe quel milieu peut en souffrir.»

Voir le problème des yeux de bébé

Ce projet est une véritable innovation, alors que peu de ressources existent spécifiquement pour les jeunes mères, surtout à l'intérieur même d'un centre périnatal.  (Ndlr : Plusieurs ressources existent pour les nouvelles mères à l'intérieur des Centres de ressources périnatales, mais bien peu existent en général pour celles touchées par la dépression post-partum.) «Il n'existe qu'un groupe de la sorte dans la province, à Québec», exprime Renelle Bourdages, directrice générale du Berceau.

Pour les intervenantes, offrir un soutien aux mères à l'intérieur même du centre périnatal ne peut qu'être avantageux.  «On a déjà les infrastructures en place et on reçoit jusqu'à 500 mères par année, poursuit Mme Bourdages.  Est-ce que les mères iraient aussi dans un centre pour la santé mentale?» (Ndlr : Nous croyons qu'une nouvelle mère hésiterait peut-être à consulter dans un centre spécialisé en santé mentale, à cause du tabou à ce sujet, alors qu'elle est tout à fait susceptible de fréquenter un Centre de ressources périnatales avec son bébé. C'est ainsi que nous pouvons plus facilement rejoindre les mères et les sensibiliser à la problématique de la dépression postpartum.)

Le groupe d'entraide, dont la première rencontre aura lieu en décembre, rassemblera une dizaine de mères le temps de douze séances et visera à apaiser les problèmes de santé mentale chez la mère, mais aussi à éviter les troubles de l'attachement chez l'enfant.  Le Berceau se préoccupe depuis ses débuts du lien d'attachement de l'enfant.  «Notre vision, et celle de nos partenaires, est de traiter de la santé mentale de la mère, mais aussi de penser au bébé» ajoute Mme Bourdages.

Les rencontres des mères-veilleuses comprendront des activités avec bébé, et incluront peut-être même les pères.  «La dépression post-natale d'une mère affecte toute la famille, explique Marie-Claude Petit.  Il faut donc travailler avec tous les membres.»

Le Berceau a travaillé avec des partenaires, dont des membres de la Table de Concertation Petite enfance et Personnes Démunies Vallée-des-Patriotes, pour développer Les mères-veilleuses.  Le soutien aux mères en dépression se fera en collaboration avec d'autres intervenants en santé mentale, dont les CLSC et L'Élan Demain, organisme oeuvrant en santé mentale.

«On vise à offrir une large place aux mères pour discuter», explique Mélodie Georget à propos du fonctionnement du groupe.  Le projet, qui est en phase d'exploration, fera état d'une évaluation d'ici deux ans.  Pour le moment, le projet est appelé à évoluer au fil des rencontres, de manière à répondre, expliquent les animatrices, aux besoins qui surviendront lors des discussions entre mères.

Les mères-veilleuses se rassemblent les jeudis après-midi.  Il s'agit d'un groupe ouvert auquel d'autres mères peuvent s'ajouter.  Pour y participer ou en savoir plus sur la dépression post-natale, communiquez avec Le Berceau au 450-446-7760.


Entrevue radiophonique réalisée avec la directrice du Centre, Renelle Bourdage, dans le cadre de l'émission Folie Douce diffusée au 102,3 FM Radio Centre Ville.